Le mot photographie est composé de deux racines Grecques :

  • « photos » signifie la lumière (ou clarté)
  • « graphie » signifie peindre (ou dessiner).

Etymologiquement, photographier signifie donc : peindre avec la lumière. L’invention du mot à été faite par un Brésilien d’origine Française, Hercule FLORENCE, en 1833.

Sa création est née de la rencontre de deux sciences : La géométrie (optique) et la chimie.

C’est Aristote, Au IV° siècle avant JC, qui décrit la projection une éclipse solaire sur le plancher d’une salle obscure au travers d’une petite ouverture : les rayons du soleil, pénétraient par le trou situé dans le mur et projettaient une image inversée.

Vers l’an 1000, le mathématicien Irakien Al-Hazen invente la « Camera Obscura » (chambre noire) et établit les premières bases de la géométrie optique en l’utilisant.

le mathématicien Al Hazen

Un dessin représentant le mathématicien Al Hazen

Cette invention de la « Caméra Obscura » sera popularisée par Léonard de Vinci en 1514 qui la décrit : « En laissant les images des objets éclairés pénétrer par un petit trou dans une chambre très obscure tu intercepteras alors ces images sur une feuille blanche placée dans cette chambre. […] mais ils seront plus petits en renversés ».

une illustration trouvée dans un livre de Vinci

Une illustration de Leonard de Vinci

Al-hazen avait déjà décrit le pouvoir grossissant des lentilles en l’an mille, mais ce ne sera pourtant que vers 1542, que l’Italien Jérome CARDAN (Gerolamo Cardano) ajoutera une lentille à la chambre noire. Progressivement, elle sera améloriée par l’ajout d’un diaphragme, d’un miroir incliné à 45° et deviendra transportable.

Il restait cependant à fixer ces images, parlons donc des chimistes :

Au I° Siècle après JC, Marcus Vitruve décrit dans le livre VII, chapitre 9 « de architectura » que la couleur du cinabre, un matériau destiné à peindre les batiments, passe d’une teinte roussâtre au noir lorsqu’il est exposé au rayons du soleil ou à l’éclat de la lune. Et surtout, il décrit alors des procédés pour fixer cette dé coloration avec des cires. [Si Marcus Vitruve avait lu Aristote, la photographie aurait peux être déjà 2000 ans d’histoire…]

Mais, il faudra pourtant attendre 1816, pour que Nicéphore Nièpce parvienne à fixer la première image photographique (en négatif) avec du Chlorure d’Argent  et de l’acide nitrique : la chambre noire devient alors « sténopé ».

Nicéphore Nièpce réalise les premières images positives en 1822 avec du bitume de Judée étalé sur une plaque de verre. Avec ce procédé, la durée de pose est cependant de huit heures.

Louis Daguerre, l’associé de N.Nièpce prolonge les recherches après la mort de Nièpce et brevette alors le « Daguerréotype » : Ce procédé à base de iodure d’argent fonctionne en quelques minutes seulement et l’image est fixée avec des sels marins. Peu à peu améliorée, cette invention a permis d’obtenir des temps de pose de une ou deux minutes seulement.

En 1839, l’Etat Français dévoile alors le secret de la photographie et fait acquisition de l’invention contre une rente à Louis Daguerre et au fils de Nièpce. « La loi sur la photographie » est alors votée le 7 Aout 1839.

Entre 1841 et 1860, l’Anglais William TALBOT met au point un procédé Négatif-positif (le caliotype) permettant de produire plusieurs exemplaire à partir d’un négatif unique.

En 1851, Les Français Désiré Blanquard-EVRARD et Hippolyte Fockedey améliorent le procédé et lancent alors la première imprimerie photographique (400 à 500 photographies par jours).

illustration d'un livre sur les procédés photographiques

printing method de Henry Burbank

En 1888, Georges Eastman lance le 1* Kodak, un appareil photo portable noir et blanc, composé d’un négatif en papier de 100 vues pour 25€. Il lance alors le slogan « You press the button, we do the rest ». Il suffit alors de renvoyer l’appareil à l’usine pour recevoir ensuite le négatif, les tirages et un appareil chargé de nouveau.
La photographie couleur :

C’est en 1989, avec l’invention d’un procédé basé sur le principe de la trichromie que Louis Ducos de Hauron réalise les premières photographies en couleur. Son invention consiste à superposer trois clichés noir et blanc réalisés avec des filtres rouge, vert puis bleu.

Cette méthode indirecte est difficile à mettre en oeuvre : la photographie couleur restera confidentielle jusqu’à l’invention de l’autochrome en 1910 par les frères Lumière.

L’autochrome est un procédé direct qui utilise la fécule de pomme de terre sur des plaques de verre. Les temps de pose sont cependant toujours de plusieurs secondes et l’appareillage reste lourd.

La couleur deviendra populaire en 1937 : Kodachrome et Agfacolor sortent les premières pellicules couleurs qui seront suivies à partir de 1940 par d’autres marques Japonaises.
c’est en 1948 que l’Américain Edwin LAND met au point un appareil à développement instantané : « Le Polaroid ».

Progressivement, la mesure automatique de la lumière et l’autofocus vont agrémenter les appareils photo.

Enfin, l’ère numérique débute en 1981 avec le premier appareil à disque magnétique réutilisable « le Mavica » (Magnetic Video) de Sony. Les progrès rapides de la technologie numérique surpassent alors rapidement les possibilités de la photographie argentique.

L’histoire de la photographie peux être aussi celle de l’Art photographique :

La photographie à fait ses débuts comme outil de propagande et de communication en fournissant aux journalistes et au monde politique un outil de communication de masse. Son second rôle à été celui de la mémoire, tant pour les collectivités et les Etats qu’au niveau de chaque famille. Elle interroge aussi le domaine de l’intime et de l’érotisme, et au début du XX siècle les photographies érotiques circulent nombreuses mais toujours cachées.

Son introduction dans l’art se fait par le biais de la photographie d’architecture. Les auteurs, artistes et philosophes se sont interrogés sur sa capacité à créer de l’Art. Le courant du Ready-Made à certainement aidé la photographie en offrant à chaque objet du quotidien la possibilité de devenir objet d’Art. L’esthétisme prends alors une part dominante, dans les photographies de Man Ray par exemple, la valeur esthétique et graphique de l’image domine le sujet de l’image.

Lorsque Georges ROUSSE utilise la photographie pour photographier des installations plastiques qui seront amenées à être détruites, c’est la photographie qui devient oeuvre.